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Énorme transfert de propriété en cours

Qui est propriétaire de votre logement ? S’agit-il d’un privé ou d’une grande société cotée en bourse ? Rares sont les locataires qui peuvent répondre à cette question. Ils n’ont de contacts qu’avec leur régie ou gérance - et l’information ne leur est pas toujours utile directement. Mais il est intéressant de savoir, dans une vision générale, à qui sont les habitations en Suisse.

Les particuliers – propriétaires en déclin

Il arrive que la propriétaire de votre appart’ soit une vieille dame qui habite à l’étage du dessus. Selon l’Office fédéral de la statistique, 47 % des logements loués appartiennent à des particuliers. La proportion a fortement baissé en vingt ans. Elle représentait encore près de 60 % en 2000. Le marché locatif a connu ainsi un transfert massif de propriété - qui en sont donc les bénéficiaires ?
Les maîtres d’ouvrage d’utilité publique ont plutôt réduit leur part du gâteau depuis 2000. En 2017, ils possédaient 3.8% des habitations louées. Et d’autres acteurs montent en puissance sur le marché. Ce sont les entreprises ou départements d’entreprises qui exploitent des biens immobiliers : sociétés anonymes, fonds, assurances, banques et caisses de pension. Appelons-les sociétés immobilières pour simplifier.

Le boom des immobilières

Entre 2000 et 2017, la part des logements loués des sociétés immobilières est passée de 19 à 39 %. En chiffres absolus, elles ont acquis 300 000 appartements de plus en 18 ans. Mais quelles sont-elles ? Plusieurs d’entre elles font partie du paysage, comme les compagnies d’assurances Swiss Life et Zurich. Quant aux groupes bancaires UBS, Crédit suisse et ZKB (Banque cantonale de Zurich), ils ont la main sur des logis innombrables via leurs fonds immobiliers. Plus en retrait, les sociétés anonymes de l’immobilier réalisent la totalité de leurs gains dans ce domaine. Citons Allreal ou Mobimo. Beaucoup se sont fondées ou sont entrées en bourse après 2000. Parmi les géants du secteur, on trouve aussi les caisses de pension et les fondations de placement, par exemple Pensimo, BVK ou la caisse de pension de Migros.

L’équivalent de toute une ville à soi

Les sociétés immobilières ont accumulé une fortune considérable. Elles possèdent des dizaines de milliers de logements pour des valeurs en milliards de francs. Swisslife est en tête avec quelque 35 000 logements répartis dans plus de 1250 immeubles. Son magot immobilier s’élève à plus de 23 milliards. Il faut noter que l’actionnaire principal de Swiss Life est le gérant de fortune américain BlackRock, connu pour son agressivité en vue de profits. Le Groupe UBS détient au moins 30 000 appartements en Suisse via des fonds de placement et des fondations sous gestion. C’est l’équivalent de l’ensemble des habitations à Bienne. UBS posséderait ainsi la dixième ville de Suisse, si tous les appartements qu’elle gère ou détient s’y trouvaient.

Stoppons la spéculation

Les chiffres le montrent : sociétés anonymes, fondations, compagnies d’assurances, caisses de pension et banques sont en pleine expansion. Elles acquièrent des immeubles et les transforment en objets de placements, en vue d’en tirer un rendement maximal. Conséquences : des baux sont résiliés et les loyers grimpent. L’offensive de ces sociétés explique pourquoi les loyers n’ont cessé de grimper depuis 1985. Les victimes en sont les locataires. Il faut stopper cette évolution et créer plus de logements d’utilité publique soustraits à la spéculation - pour que les loyers restent abordables.

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